Partager l'article ! Dernières Nouvelles d'Alsace novembre 2008: L'argument selon lequel un enfant suivi par le RASED ne bénéficie pas du travail du reste de la cl ...
L'argument selon lequel un enfant suivi par le RASED ne bénéficie pas du travail du reste de la classe dénote une mauvaise foi scandaleuse ou une totale incompétence. En effet dans toutes les classes depuis la loi d'orientation de 89 les enseignants différencient leur enseignement: depuis 1989 les enfants ne font pas tous le même travail dans une classe. Celui- ci est adapté à leurs compétences et à leurs besoins.
Considérer que l'aide personnalisée (2 heures par semaine après la classe) peut remplacer le travail du RASED est illusoire. Quel ministre de la santé prétendrait qu'un médecin généraliste, pour réduire le trou de la sécu, peut sans dommage traiter lui-même un malade sans l'envoyer consulter un spécialiste? Qui accepterait de faire traiter ses problèmes cardiaques, son cancer par son généraliste? Les enseignants du RASED sont des spécialistes auxquels nous adressons des enfants qui précisément dépassent nos compétences. Ces enfants ne présentent pas de simples lacunes dans les apprentissages. Ca on sait faire: il leur manque dès leur signalement en maternelle les outils nécessaires aux apprentissages. Ce travail est de longue haleine et le retard par rapport aux autres enfants peut être réduit mais persiste.
Dire que le taux d'enfants en difficulté en 6ème n'est pas abaissé par les RASED est réducteur: on ne prend pas en considération les progrès réalisés. On ne les mesurera pleinement que lorsque les RASED auront été supprimés mais il sera alors trop tard: le gâchis aura été fait.
Remplacer les écoles maternelles par des jardins d'enfant à la charge des collectivités locales. Avec quel personnel? Quelles qualifications? Et si les collectivités locales sous-traitent? Et si elles ne peuvent assumer cette charge financière? Nous verrons une privatisation des écoles maternelles ou une absence de scolarisation préélémentaires. Qui sera gagnant qui sera perdant?
Les réformes en chantier ne visent pas seulement à réaliser des économies mais à casser délibérément un service public. Le but de toutes les réformes est de privatiser l'Education Nationale en commençant par les écoles maternelles. Il s'agit de remplacer des valeurs égalitaires par le prix que les plus aisés pourront payer pour assurer à leurs enfants une bonne éducation. Ceux qui ne pourront pas payer assureront le renouvellement d'une masse inculte, malléable et sous payée. Vieux rêve de ceux qui vivent du travail des autres.
L'éducation n'est elle pas devenue un service soumis à la libre concurrence comme tous les autres services?
Dans quel monde voulons nous vivre? De quel monde voulons nous pour nos enfants?