une lettre à Darcos concernant les RASED

Publié le par le hussard noir

(Pour rejoindre les signataires, merci de le signaler en donnant vos NOM, prénom, code postal,

COMMUNE et éventuellement qualité (enseignant, parent, autre…) à :

jeancalvo at wanadoo.fr [en remplaçant at par @])

Mars 2009

Monsieur Xavier Darcos Ministre de l’Education Nationale,

Vous avez affirmé sur les ondes que les propos de certains opposants à vos réformes

étaient « diffamatoires » ou « mensongers ». Vous avez aussi parlé de « désinformation ».

Ces paroles graves sont à examiner sans concession. Alors promenons-nous un peu dans

vos propres citations :

1 N'y aurait-il pas eu tentative de manipulation de votre part lorsque, avec Franz Olivier

Gisbert, sur RMC, vous avez affirmé qu’en aucun cas la Maternelle n'était menacée

alors que les deux ans ne sont déjà plus acceptés dans bon nombre d'écoles faisant fi

des rapports concluant aux bienfaits de la scolarisation précoce chez les populations

les plus en difficulté ? A ce sujet, vous avez sans doute « oublié » dans vos propos

malheureux sur les "changeurs de couches" que les enfants n'étaient acceptés dans

les écoles que s'ils étaient "propres".

2 Vous avez affirmé que vous ne toucheriez pas aux Réseaux d’Aides Spécialisées aux

Elèves en Difficulté (février 2008). Dans le même temps, un livret destiné à être distribué

aux parents à la rentrée suivante était rédigé sans qu’on y trouve la moindre allusion

aux RASED ? En septembre 2008, la sentence tombait : les RASED allaient être

supprimés sur la base de 3000 postes par an. Il a fallu une mobilisation extraordinaire

pour que vous décidiez de ne « supprimer » que ces 3000 postes et vous arrêter là.

(Communiqué de M. Allal, votre porte-parole, qui a oublié d’employer la terminologie

plus douce de «sédentarisation ».). Est-ce de la transparence ?

Vous avez ensuite essayé de faire croire que 1500 de ces postes ne seraient pas

supprimés en oubliant de préciser qu’en les « sédentarisant », en les « stabilisant », vous leur

enleviez toute leur spécificité de travail en réseau et détruisiez donc l’entité même des

RASED. Nous estimons qu’il y a là tentative de manipulation de l’opinion publique.

3 De même, nous ne croyons pas que ce soit par méconnaissance du sujet que vous

avez affirmé que les deux heures d’aide personnalisée proposées par des enseignants

généralistes aux élèves en difficulté allaient remplacer avantageusement les aides

spécialisées dispensées par les personnels spécialisés des RASED. Il s’agit pour nous

d’un habile travail de propagande destiné à faire accepter par le grand public les

mesures d’économie budgétaires qui guident toute votre démarche, mesures prises

sur le dos des élèves les plus en difficulté.

Ces « économies » représentent environ 2/1000

 

ème du budget de l’Education Nationale

autant dire peu de choses. En revanche, il n’est dit nulle part ce que le renvoi vers des

structures médicales des élèves pris en charge par les RASED coûtera à la Sécurité

Sociale. Nous y voyons une certaine forme de désinformation.

4 Nous estimons aussi que les personnels des RASED sont victimes de diffamation lorsque

vous les accusez d’inefficacité sans jamais avoir procédé à une évaluation ne seraitce

que sommaire du dispositif RASED. La suppression de 3000 de ces postes cette

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jeancalvo at wanadoo.fr [en remplaçant at par @])

année ne permettra certainement pas d’augmenter l’efficacité du système.

5 Vous avez écrit que les postes d’enseignants spécialisés travaillant dans les CAPP ou

les CMPP ne seraient pas concernés par les mesures de suppression. Aujourd’hui, des

postes sont supprimés dans la Drôme et vous n’avez reculé sur les postes parisiens que

grâce à une très forte mobilisation, notamment du Maire de Paris.

6 Vous parlez beaucoup de concertation, mais n’est-ce pas de la désinformation que

de cacher que les nouveaux programmes du premier degré ont été élaborés en

catimini sans tenir compte des avis des professionnels. Ils ne sont d’ailleurs pas même

signés. (Nous rappelons au passage que les programmes en vigueur jusqu’à la

dernière rentrée et qui datent de 2002 n’ont toujours pas été évalués !) De même,

n’est-il pas pour le moins « exagéré » que d’affirmer avoir rencontré tous les partenaires

pour l’élaboration des programmes de seconde notamment pour les programmes

d’EPS ? Est-ce de la transparence ?

7 Vous avez déclaré que les retenues sur salaires pour faits de grève sont récentes. Ces

propos sont inexacts et pourraient confiner à de la diffamation destinée à jeter le

discrédit sur les enseignants.

8 Vous affirmez dans votre lettre type adressée à tous les députés s’étonnant de vos

mesures que «

 

sur une année, les deux maîtres spécialisés suivaient en moyenne 5

élèves sur 125 durant les heures de classe,

 

» ? Ces propos, Monsieur le Ministre sont diffamatoires et en complète

contradiction avec la circulaire 2002-113 du 30 avril 2002 précisant leurs missions.

9 Concernant les évaluations CM2, il est inexact d’affirmer comme vous l’avez fait, que

toutes les notions « évaluées » sont des notions qui « ont toutes été abordées dans le

cadre du programme du premier semestre ».

10 Le samedi 7 février sur France-Culture, vous avez déclaré qu’il n’y avait pas de

suppressions de postes RASED. Nous affirmons que vos propos sont mensongers. Les

Inspecteurs d’Académie qui ont récemment annoncé des « SUPPRESSIONS » de postes

RASED ne nous contrediront pas.

La liste est longue, Monsieur le Ministre, des propos que vous avez tenus qui ne

correspondent pas à la réalité et qui, nous le répétons, ne servent qu’à faire croire qu’il

s’agit de mesures en faveur des plus démunis alors que toute votre politique, sans doute

moins avouable, vise à diminuer progressivement tous les services publics dont l’Education

Nationale.

Monsieur le Ministre, si nos propos vous paraissent réellement diffamatoires, alors nous

vous en prions, portez plainte pour diffamation et assignez-nous devant un tribunal. Le

débat prendra alors peut-être une véritable tournure démocratique !

sans ciblage particulier quant aux difficultés

traitées

 

 

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