Un article du Monde sur la coordination nationale des collectifs
:
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/02/les-collectifs-parents-enseignants-nouveau-cadre-pour-la-protestation_1188028_3224.html
Les collectifs parents-enseignants, nouveau cadre pour la protestation
LE MONDE | 02.05.09 | 14h44 • Mis à jour le 02.05.09 | 14h44
Attention école en danger". Des parents et des enseignants ont défilé,
vendredi 1er mai, sous cette bannière. Apparus à l'automne 2008, ces
collectifs d'un nouveau genre, créés pour s'opposer aux réformes de
l'école, montent en puissance. Tout l'hiver, ils ont organisé des
manifestations très locales, avant de se chercher une visibilité plus
nationale.
Difficile pour l'heure de quantifier ces regroupements : "On voit des
personnes un jour qui disparaissent le lendemain. Puis des nouveaux
arrivent", explique Isabelle Campanella, enseignante en lettres et
membre du collectif de Lyon. Si l'on se réfère aux traces Internet, 40
000 pages Web leur sont consacrées, 20 000 mails ont été envoyés à
l'adresse nationale (<span class="contextEntry" id="agnationale@yahoo.fr_body">agnationale@yahoo.fr</span>) et 35 départements ont tenté
de fédérer leurs forces lors de plusieurs rendez-vous nationaux.
Ces tentatives viennent d'aboutir à un regroupement en coordination
nationale, dont la quatrième rencontre aura lieu le 13 juin à Toulouse.
Mercredi 29 avril, certains de ses représentants étaient présents à
l'assemblée générale de la coordination nationale des universités avec,
comme mandat, de créer un mouvement de citoyens qui défende l'éducation,
de la maternelle au supérieur.
Né autour des réformes du premier degré, le mouvement recrute
aujourd'hui bien plus large. "Au départ, des enseignants nous ont
conviés à une réunion d'information sur les nouveautés mises en place
dans les écoles primaires. Là, des parents ont décidé de dire "non" aux
réformes et puis d'autres se sont rallié des collèges ou lycées
voisins", rappelle Bruno-ez-Zafir, un parent d'élève de
Villefranche-sur-Saône.
DÉFENSE DES ÉLÈVES ÉTRANGERS
Au fil des actions, les collectifs constitués sur une école, un quartier
ou une ville, se sont rapprochés de ceux des communes voisines, avant de
donner naissance à un mouvement départemental. Partout, les scénarios
ont été assez voisins. Un site national fédère à présent les échanges.
Ces groupes comptent évidemment des professionnels de la lutte, qui
rêvent du grand soir. A Quétigny (Côtes-d'Or), Alexandre Vanesse ne
cache pas ses années à la Ligue communiste révolutionnaire. Pas plus que
Benoît Guerrée de Béziers (Hérault) ne tait son militantisme à la
Confédération nationale du travail (CNT), un référent en matière
d'anarcho-syndicalisme.
Mais le mouvement parents-élèves dépasse ces mouvances, comme l'analyse
Marie-Laure Basilien, maître de conférence en droit public à
l'université Paris-III. Cette nouvelle forme de mobilisation a commencé
à émerger autour de la défense des élèves étrangers. "Il n'y a pas
d'adhésion, rien à payer et chacun s'engage en tant que personne sur les
combats qui le motive, en fonction de ses disponibilités, note la
chercheuse. En arrière-plan, ces collectifs se construisent sur un désir
de justice sociale et répondent à leur manière à cette grande inquiétude
sur le monde que nous allons laisser à nos enfants."
Ces combats, aux yeux des militants, ne cadrent ni avec les
revendications catégorielles des syndicats, ni avec celles des
fédérations de parents. Quel avenir auront ces collectifs ? "C'est notre
grande interrogation. Nous savons que nous ne gagnerons pas cette fois,
mais il faudra désormais compter avec nous", prévient Claire Mervant, de
Sète (Hérault). Contrairement aux coordinations qui s'évaporaient à la
fin d'un mouvement, celles-ci font du temps leur allié.
Maryline Baumard
Article paru dans l'édition du 03.05.09
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/02/les-collectifs-parents-enseignants-nouveau-cadre-pour-la-protestation_1188028_3224.html
Les collectifs parents-enseignants, nouveau cadre pour la protestation
LE MONDE | 02.05.09 | 14h44 • Mis à jour le 02.05.09 | 14h44
Attention école en danger". Des parents et des enseignants ont défilé,
vendredi 1er mai, sous cette bannière. Apparus à l'automne 2008, ces
collectifs d'un nouveau genre, créés pour s'opposer aux réformes de
l'école, montent en puissance. Tout l'hiver, ils ont organisé des
manifestations très locales, avant de se chercher une visibilité plus
nationale.
Difficile pour l'heure de quantifier ces regroupements : "On voit des
personnes un jour qui disparaissent le lendemain. Puis des nouveaux
arrivent", explique Isabelle Campanella, enseignante en lettres et
membre du collectif de Lyon. Si l'on se réfère aux traces Internet, 40
000 pages Web leur sont consacrées, 20 000 mails ont été envoyés à
l'adresse nationale (<span class="contextEntry" id="agnationale@yahoo.fr_body">agnationale@yahoo.fr</span>) et 35 départements ont tenté
de fédérer leurs forces lors de plusieurs rendez-vous nationaux.
Ces tentatives viennent d'aboutir à un regroupement en coordination
nationale, dont la quatrième rencontre aura lieu le 13 juin à Toulouse.
Mercredi 29 avril, certains de ses représentants étaient présents à
l'assemblée générale de la coordination nationale des universités avec,
comme mandat, de créer un mouvement de citoyens qui défende l'éducation,
de la maternelle au supérieur.
Né autour des réformes du premier degré, le mouvement recrute
aujourd'hui bien plus large. "Au départ, des enseignants nous ont
conviés à une réunion d'information sur les nouveautés mises en place
dans les écoles primaires. Là, des parents ont décidé de dire "non" aux
réformes et puis d'autres se sont rallié des collèges ou lycées
voisins", rappelle Bruno-ez-Zafir, un parent d'élève de
Villefranche-sur-Saône.
DÉFENSE DES ÉLÈVES ÉTRANGERS
Au fil des actions, les collectifs constitués sur une école, un quartier
ou une ville, se sont rapprochés de ceux des communes voisines, avant de
donner naissance à un mouvement départemental. Partout, les scénarios
ont été assez voisins. Un site national fédère à présent les échanges.
Ces groupes comptent évidemment des professionnels de la lutte, qui
rêvent du grand soir. A Quétigny (Côtes-d'Or), Alexandre Vanesse ne
cache pas ses années à la Ligue communiste révolutionnaire. Pas plus que
Benoît Guerrée de Béziers (Hérault) ne tait son militantisme à la
Confédération nationale du travail (CNT), un référent en matière
d'anarcho-syndicalisme.
Mais le mouvement parents-élèves dépasse ces mouvances, comme l'analyse
Marie-Laure Basilien, maître de conférence en droit public à
l'université Paris-III. Cette nouvelle forme de mobilisation a commencé
à émerger autour de la défense des élèves étrangers. "Il n'y a pas
d'adhésion, rien à payer et chacun s'engage en tant que personne sur les
combats qui le motive, en fonction de ses disponibilités, note la
chercheuse. En arrière-plan, ces collectifs se construisent sur un désir
de justice sociale et répondent à leur manière à cette grande inquiétude
sur le monde que nous allons laisser à nos enfants."
Ces combats, aux yeux des militants, ne cadrent ni avec les
revendications catégorielles des syndicats, ni avec celles des
fédérations de parents. Quel avenir auront ces collectifs ? "C'est notre
grande interrogation. Nous savons que nous ne gagnerons pas cette fois,
mais il faudra désormais compter avec nous", prévient Claire Mervant, de
Sète (Hérault). Contrairement aux coordinations qui s'évaporaient à la
fin d'un mouvement, celles-ci font du temps leur allié.
Maryline Baumard
Article paru dans l'édition du 03.05.09
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