Un silence assourdissant
J'avoue que d'abord je n'y ai pas cru. C'était trop gros, ça ressemblait à ce genre de fausse nouvelle alarmiste qui circule sur le net. Et puis si! Ils l'ont fait.
Le 27 juin la commission des lois à l'Assemblée Nationale a voté le texte sur la mobilité des fonctionnaires. De quoi s'agit il? Officiellement de permettre à un fonctionnaire de changer plus facilement de ministère mais en réalité il s'agit ni plus ni moins que de mettre fin au statut des fonctionnaires.
L'article 7 du projet de loi le stipule:
Art. 44 bis. – En cas de restructuration d’une administration de l’État ou
de l’un de ses établissements publics administratifs, le fonctionnaire peut être placé en situation de réorientation professionnelle dès lors que son emploi est susceptible d’être supprimé.
[...]
Elle peut également prendre fin, à l’initiative de l’administration, lorsque le fonctionnaire a refusé successivement trois offres d’emploi public fermes et précises correspondant à son grade et à son projet personnalisé d’évolution
professionnelle, et tenant compte de sa situation de famille et de son lieu de
résidence habituel. Dans ce cas, il peut être placé en disponibilité d’office ou, le cas échéant, admis à la retraite.
http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta-pdf/mob_fonctpubl_030709.pdf
Autrement dit, on vous propose un poste loin de chez vous et si vous refusez vous serez mis en disponibilité. A charge pour vous de démissionner de la Fonction Publique si ça ne vous convient pas... la loi sera votée le 7 juillet dans l'indifférence générale.
Je n'y croyais pas! "Si c'était vrai, les partis de gauche et les syndicats auraient hurlé au scandale. Ils en auraient au moins parlé...
Mais non: rien de rien. Silence total, passivité totale.
Alors que le service public est attaqué comme jamais il ne l'a jamais été, qui le défend? Qui le défendra? Qui défend nos valeurs?
Où étaient les syndicats et les hommes politiques? Qu'est ce qui pouvait bien les préoccuper plus?
Je suis aterré mais plus encore qu'avant conforté dans ma certitude que c'est à nous les citoyens d'être responsables, vigilents. A nous d'informer, d'éduquer, de semer et de combattre encore et encore. Nous perdrons bien d'autres batailles avant de vaincre.